"Si je diffère de toi, loin de te léser, je t'augmente",St Exupéry,Lettre à un otage.
Cette évidence tous nos réflexes la nient.Notre besoin superficiel de confort intellectuel nous pousse à tout ramener à des types et à juger selon la conformité aux types; mais la richessse est dans la différence.
Beaucoup plus profond, plus fondamental, est le besoin d'être unique, pour "être" vraiment. Notre obsession est d'être reconnu comme une personne originale, irremplaçable; nous le sommes réellement, mais nous ne sentons jamais assez que notre entourage en est conscient. Quel plus beau cadeau peut nous faire "l'autre" que de renforcer notre unicité, notre originalité, en étant différent de nous? Il ne s'agit pas d'édulcorer les conflits, de gommer les oppositions; mais d'admettre que ces conflits , ces oppositions doivent et peuvent être bénéfiques à tous.
La condition est que l'objectif ne soit pas la destruction de l'autre, ou l' instauration d' une hiérarchie, mais la construction progressive de chacun. Le heurt, même violent, est bienfaisant; il permet à chacun de se révéler dans sa singularité; la compétition; au contraire,presque toujours sournoise, est destructrice, elle ne peut aboutir qu' à situer chacun à l' intérieur d'un ordre imposé, d' une hiérarchie nécessairement artificielle, arbitraire.
La première leçon de la génétique est que les individus, tous différents, ne peuvent être classés, évalués, ordonnés; la définition de "races", utile pour certaines recherches, ne peut qu'arbitraire et imprécise.
A.Jacquard